| | Histoire d'ailes
Souvent, nos expressions empruntent à la vie animale, notamment à la gente ailée. Des exemples ? « Prendre sous son aile - être trop couvé - voler de ses propres ailes... ». Toutes formules liées aux enfants, peu ou prou.
Ces petites phrases, les parents de base les ont déjà en tête : soit pour être de parfaits parents « poules », soit pour les appliquer certes, mais en service minimum vital, comme la nature l'a prévu.
Pour nous, parents Marfan (et/ou de Marfan), c'est autre chose, on a les neurones en girouette, au gré des vents du syndrome et de son évolution. Mais, disons le tout net, nous sommes nombreux à avoir le cocon facile qu'on tisse et retisse inlassablement Pour moi, je dis stop !
Stop ! Parce que mes - nos - marmots (25 et 21 ans) ont très vite mûri sans blettir... Car avec ce truc, ils ont dû se battre pour leur corps -entre enfants, on se vole facilement dans les plumes ! - et pour leur image, comme une survie psychologique dans notre environnement aux regards normés.
Stop ! Parce qu'ils savent souvent mieux gérer que moi cette affaire, leur affaire. Parfois, mon inquiétude en rajoute « une couche ». Nous, nous avons souvent une vraie responsabilité : nous documenter sur le syndrome, organiser pour eux la noria des rendez-vous, puis l'âge aidant, leur passer le relais en les accompagnant avec le plus de doigté possible (rassurez-vous, c'est plus facile à écrire qu'à faire !).Eux, ils construiront leur relation non pas au syndrome, mais à leur syndrome.
Bien sûr qu'ils y laisseront des plumes. Dites, nous-mêmes, Marfan ou non, on les a toutes nos plumes ? Et puis même avec des plumes en moins, l'oiseau vole. Simplement, il ruse plus avec le vent et sa capacité d'adaptation est plus développée. Son vol n'en est pas moins beau.
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